Production industrielle : rebond partiel en août, l’automobile toujours en net recul

Deux publications à six jours d’intervalle donnent une image assez nette de l’état des usines françaises à la rentrée. Le 6 octobre, l’Insee a publié l’indice de la production industrielle d’août : un rebond partiel dans l’industrie manufacturière, mais un nouveau recul pour l’ensemble de l’industrie. Le 12 octobre, la Banque de France a publié son enquête mensuelle de conjoncture : une production qui progresse en septembre sans tenir son rythme habituel, et une accélération attendue en octobre. Avec une exception de taille, l’automobile.

Août : la manufacture rattrape une partie de juillet #

Selon la publication de l’Insee du 6 octobre, la production manufacturière a progressé de 0,3 % en août, après une baisse de 0,8 % en juillet. Dans l’ensemble de l’industrie, qui inclut aussi l’énergie et les industries extractives, elle recule en revanche de 0,3 %, après un repli de 0,6 % en juillet (chiffre révisé, il était donné à 0,4 % le mois précédent).

Le rebond n’est pas général. La hausse vient des biens d’équipement (+0,9 %), des « autres produits industriels », qui regroupent notamment la métallurgie, la chimie et la pharmacie (+1,2 %), et de la cokéfaction-raffinage (+3,3 %). À l’inverse, l’agroalimentaire recule de 1,2 % et les matériels de transport de 2,2 %. L’énergie, l’eau et les industries extractives baissent de 2,4 %, ce qui explique que l’ensemble de l’industrie reste dans le rouge.

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L’automobile, maillon le plus fragile

Dans les matériels de transport, l’automobile décroche de 3,4 % sur le mois. Sur les trois derniers mois, sa production est inférieure de 11,9 % à celle de la même période de 2025, d’après le tableau de l’Insee. C’est de loin la plus forte baisse sur un an parmi les grandes branches. L’ensemble de la manufacture est, lui, en retrait de 1,2 % sur la même comparaison, et l’ensemble de l’industrie quasiment stable (‑0,1 %).

Septembre et octobre : ce que disent les chefs d’entreprise #

L’enquête de la Banque de France publiée le 12 octobre a été menée auprès d’environ 8 500 entreprises entre le 27 septembre et le 5 octobre. Dans l’industrie, la production a continué de progresser en septembre, mais à un rythme inférieur à sa tendance de long terme. L’aéronautique s’est montrée très dynamique, tandis que le caoutchouc-plastique-verre est resté étale.

Pour octobre, les industriels interrogés anticipent une accélération de la production. Mais la Banque de France signale une forte baisse attendue dans l’automobile, ce qui rejoint le décrochage mesuré par l’Insee en août.

Des carnets de commandes très contrastés

Le taux d’utilisation des capacités de production remonte légèrement, à 76,8 % en septembre contre 76,4 % en août. Les carnets de commandes sont particulièrement garnis dans l’aéronautique et les équipements électriques. Ils sont en revanche jugés très faibles dans la chimie, le bois-papier-imprimerie et le caoutchouc-plastique-verre.

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Approvisionnement, prix et recrutement

Les tensions sur les approvisionnements restent limitées pour la plupart des secteurs : 11 % des entreprises industrielles déclarent des difficultés en septembre. Elles sont beaucoup plus marquées dans l’aéronautique, autour de 20 %, signe d’une filière qui tourne à plein et bute sur ses fournisseurs.

Côté prix, l’enquête relève une forte hausse des prix des matières premières. 13 % des industriels ont augmenté leurs prix de vente en septembre, contre 10 % en moyenne habituellement, et 12 % prévoient de le faire en octobre. Les difficultés de recrutement concernent 16 % des entreprises de l’industrie. Enfin, l’incertitude ressentie par les chefs d’entreprise remonte nettement en septembre, mettant fin à la baisse observée depuis le pic de mars.

Ce qu’il faut en retenir pour les ateliers #

Les deux sources dessinent une industrie à deux vitesses. D’un côté, l’aéronautique et les équipements électriques ont des carnets pleins et des chaînes d’approvisionnement sous tension. De l’autre, l’automobile, la chimie et la plasturgie manquent de volumes. Pour un sous-traitant qui travaille pour plusieurs filières, la répartition du portefeuille clients pèse plus que jamais sur le taux de charge.

La remontée du prix des matières premières est l’autre signal à surveiller. Elle se répercute déjà sur les prix de vente d’une partie des industriels, et elle invite à revoir les clauses d’indexation des contrats et les niveaux de stocks de sécurité. Quant à la remontée de l’incertitude, elle plaide pour des plans de production plus courts et révisés plus souvent.

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Sur l’ensemble du troisième trimestre, la Banque de France estime la croissance du PIB à 0,1 %. Prochain rendez-vous : l’indice de la production industrielle de septembre, attendu lors de la prochaine publication mensuelle de l’Insee, permettra de vérifier si l’accélération annoncée par les industriels s’est bien matérialisée.

Questions fréquentes #

Quelle est la différence entre industrie manufacturière et ensemble de l’industrie ?

L’industrie manufacturière regroupe la fabrication de produits : agroalimentaire, biens d’équipement, matériels de transport, chimie, métallurgie, etc. L’ensemble de l’industrie y ajoute les industries extractives, l’énergie, l’eau et la gestion des déchets. C’est pourquoi les deux indicateurs de l’Insee peuvent évoluer en sens opposés, comme en août.

Qu’est-ce que le taux d’utilisation des capacités ?

C’est la part des capacités de production effectivement utilisée, mesurée par l’enquête de la Banque de France. À 76,8 % en septembre, une part notable des capacités installées reste inutilisée.

Pourquoi l’automobile recule-t-elle autant ?

Les deux publications constatent le recul sans en détailler les causes. L’Insee mesure une baisse de 3,4 % en août et de 11,9 % sur un an sur trois mois, et la Banque de France anticipe une nouvelle forte baisse en octobre.

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